Vous avez peut-être un fichier sur votre ordinateur qui pourrait intéresser quelqu’un. Un tableur pas très beau. Un script avec un nom idiot. Une méthode que vous avez assemblée parce que vous en aviez marre de refaire la même chose à la main.
Vous ne le considérez probablement pas comme un produit.
C’est votre petit truc. Vous savez où cliquer, quelle case remplir et quelle ligne ne surtout pas effacer parce que, sinon, tout plante.
Mais il fait le boulot.
Regardez ça autrement!
Quand on cherche une idée de produit, on part facilement très loin. On cherche une niche, un concept original, quelque chose que personne n’a encore fait… alors qu’on a parfois sous le nez une solution à un problème qu’on connaît particulièrement bien.
Puisqu’on l’a fabriquée pour soi.
Le bricolage commence là où quelque chose vous agace
J’aime bidouiller. Quand une tâche m’agace, j’ai assez vite envie de regarder s’il n’y aurait pas un moyen de la raccourcir.
Quelques lignes de code, deux outils qu’on fait communiquer, une fonction détournée de son usage habituel… Il y a un côté assez satisfaisant à voir une machine faire en quelques secondes ce qu’on n’avait aucune envie de faire soi-même. Pour appliquer cette idée à un cas voisin, voyez créer un mini-outil gratuit pour attirer les futurs acheteurs de votre produit.
Évidemment, on peut aussi passer trois heures à automatiser une tâche de dix minutes. Je ne vous recommande pas de faire les comptes à ce moment-là.
Mais certaines de ces bidouilles servent ensuite pendant des mois.
Prenez un exemple tout bête : vous récupérez régulièrement des PDF répartis dans plusieurs sous-dossiers. À chaque fois, vous ouvrez les dossiers, vous cherchez les fichiers, vous les copiez ailleurs. Rien de difficile. Juste quelque chose de répétitif et d’assez pénible… que j’ai du optimiser pas plus tard qu’hier…
Un petit script peut s’en charger.
Pour vous, c’est un script. Pour quelqu’un qui reçoit chaque semaine des dossiers clients à remettre en ordre, ça pourrait devenir une solution à un problème récurrent.
La différence se trouve dans ce que la personne arrive à faire avec.
Elle n’a pas spécialement envie d’acheter du code. Elle veut récupérer ses documents sans passer sa matinée à ouvrir des dossiers.
« Oui, mais c’est beaucoup trop simple pour se vendre »
C’est possible.
Mais « simple à fabriquer pour vous » et « sans valeur pour quelqu’un d’autre » sont deux choses différentes.
Vous savez peut-être corriger un problème WordPress en dix minutes. Votre client, lui, vient de passer deux heures à toucher des réglages sans comprendre pourquoi rien ne fonctionne.
Même chose pour un tableur.
Si vous savez construire une feuille qui calcule correctement le prix d’une prestation, vous voyez des cellules, des formules et quelques conditions. Un indépendant qui sous-estime régulièrement son temps peut y voir un moyen d’éviter de refaire un devis à perte.
Il faudra vérifier qu’il veut s’en servir et qu’il accepterait de payer. Mais vous avez déjà quelque chose de plus intéressant qu’une idée trouvée au hasard : un problème précis et une première façon de le résoudre.
C’est une bonne base pour commencer à discuter.
Faites le tour de ce que vous avez déjà fabriqué
Avant d’ouvrir un document intitulé « idées de business », ouvrez plutôt vos dossiers.
Regardez vos scripts, vos modèles, vos favoris, vos automatisations et les fichiers que vous copiez d’un projet à l’autre.
Du petit script à une offre
J’aime assembler des morceaux de PHP, de JavaScript et de WordPress pour éviter une tâche répétitive. Mais tout bricolage personnel n’est pas un produit : il faut d’abord découvrir si d’autres personnes ont le même souci, si l’outil fonctionne hors de mon environnement et si elles peuvent s’en servir sans moi. Ces trois vérifications changent complètement la façon de présenter une idée.
Cherchez surtout les choses pour lesquelles vous vous êtes déjà dit :
- « Heureusement que j’ai ça, sinon j’y serais encore. »
- « Je vais garder ce fichier, il me resservira. »
- « Pourquoi cet outil ne propose pas directement cette fonction ? »
- « Attends, je te montre, il y a une astuce. »
La dernière phrase mérite votre attention.
Quand quelqu’un vous regarde faire et vous demande comment vous avez obtenu le résultat, vous avez une piste. S’il vous demande ensuite de lui envoyer le fichier, la piste devient encore plus intéressante.
Ça ne prouve toujours pas qu’il achètera. Les gens aiment beaucoup récupérer des trucs gratuits qu’ils n’ouvriront jamais.
Mais vous savez au moins où creuser.
Imaginons que vous utilisiez une méthode pour transformer les questions de vos clients en sujets de newsletter. Vous avez un endroit où vous rangez les questions, une façon de les trier et une petite structure pour rédiger votre email.
Vous pourriez en faire un modèle prêt à remplir, un atelier ou un outil.
Vous pourriez aussi découvrir, en le montrant à trois personnes, que votre système est incompréhensible sans vous.
Excellent. Vous venez d’apprendre quelque chose avant de passer deux semaines à le mettre en vente.
Le vrai travail : permettre à quelqu’un d’autre de s’en servir
Votre bricolage fonctionne dans votre environnement, avec vos habitudes et les explications que vous avez dans la tête.
Votre futur client n’a rien de tout ça.
Il ne sait pas que la cellule jaune doit rester vide. Il ne devine pas que le fichier doit porter un nom précis. Et quand un message d’erreur apparaît, il ne se dit pas forcément : « Ah oui, normal, il manque juste ce paramètre. »
Il ferme le truc.
C’est souvent ici que commence le travail de création du produit.
Pour reprendre notre script de récupération de PDF, il faudrait probablement permettre à l’utilisateur de choisir son dossier, éviter d’écraser deux fichiers qui portent le même nom et afficher clairement ce qui a été copié.
Il faudrait aussi préserver les originaux. Une personne qui veut ranger ses documents n’a aucune envie de vérifier ensuite si votre astuce lui en a fait perdre la moitié.
Ce travail n’a rien de spectaculaire. Pourtant, c’est lui qui peut rendre le bricolage utilisable et achetable.
La bonne question devient : qu’est-ce que je dois ajouter, expliquer ou simplifier pour que la personne obtienne le résultat sans m’appeler ?
Ne développez pas une plateforme pour vérifier une petite idée
Je sais que c’est tentant.
On imagine un espace membre, trois formules, un tableau de bord, des options avancées… et on commence à choisir les couleurs alors que personne n’a encore demandé le produit.
Si vous aimez construire, cette partie peut vous absorber très facilement.
Commencez plutôt par une démonstration.
Montrez le problème, puis votre solution en action. Une courte vidéo d’écran peut suffire. La personne doit comprendre ce qui se passe et reconnaître une situation qu’elle rencontre.
Ensuite, posez des questions concrètes.
Comment fait-elle aujourd’hui ? À quelle fréquence ? Qu’est-ce qui lui prend du temps ? A-t-elle déjà essayé de régler le problème ?
Vous découvrirez peut-être que votre outil lui plaît, mais qu’elle n’a besoin de cette tâche qu’une fois tous les deux ans. Ou que son logiciel le fait déjà, et qu’elle ignorait simplement où cliquer.
Autant le savoir maintenant.
Si le besoin est bien présent, proposez une première version payante avec un périmètre clair. Expliquez ce qu’elle fait, ses limites et l’aide que vous fournissez.
Vous n’avez pas besoin de la présenter comme une révolution.
Le produit peut aussi être le résultat du bricolage
Il y a une autre possibilité que j’aime bien : garder l’outil pour vous et vendre ce qu’il permet de produire.
Supposons que vous ayez construit un script qui rapproche plusieurs exports et fait ressortir des anomalies.
Vos clients n’ont peut-être aucune envie de télécharger un programme, préparer leurs fichiers et apprendre à interpréter le résultat. En revanche, ils peuvent vouloir recevoir l’analyse terminée.
Votre script devient alors votre outil de production.
Vous vendez un diagnostic, un nettoyage de données ou un rapport exploitable. Et vous utilisez votre bidouille pour faire le travail plus efficacement.
À l’inverse, certains préféreront tout faire eux-mêmes. Vous pourrez leur proposer le fichier et son mode d’emploi.
Il faut regarder ce que les personnes veulent réellement prendre en charge. C’est ça qui vous aidera à choisir entre outil, modèle, méthode et prestation.
Cette semaine, montrez un de vos trucs
Choisissez un bricolage qui vous sert vraiment.
Écrivez simplement : « Ça aide telle personne à faire telle chose, sans telle difficulté. »
Puis montrez-le à trois personnes qui rencontrent ce problème. Regardez leurs réactions, les questions qu’elles posent et les endroits où elles bloquent.
Vous aurez peut-être trouvé quelque chose à vendre. Ou une amélioration à apporter. Ou vous découvrirez que votre bricolage mérite de rester dans votre dossier personnel.
Dans les trois cas, vous aurez avancé.
Et si vous aimez chercher ce genre de petites opportunités dans ce que vous avez déjà sous la main, c’est le genre de réflexion que je partage dans ma newsletter quotidienne. On y parle produits, trafic et ventes… avec l’envie de trouver des choses à essayer pour de vrai.